Jerome Hill

(1905-1972)

Jerome Hill

La Fondation Camargo, à travers ses différentes missions, perpétue l'enthousiasme pour les arts et l'humanisme caractéristiques de Jerome Hill.

Jerome Hill était le petit-fils du constructeur de chemins de fer James Jerome Hill, et le fils de Louis W. Hill Sr. Il est né et a grandi à St. Paul, dans le Minnesota aux États-Unis. Après une licence à l'université Yale en composition musicale, il a voyagé à travers l'Europe et y a commencé des études en peinture. Jerome Hill s'est initié à la photographie pendant ses nombreux voyages, et a été grandement influencé par Edward Weston, son ancien professeur.
Au début des années 1930, Jerome Hill s'est installé à Cassis, une petite ville pittoresque de la Méditerranée faisant face à l'imposant Cap Canaille. Bien qu'il continuait à se rendre régulièrement à Sugar Bowl, une station de ski californienne, et à New York, Cassis est devenue la ville de prédilection dans ses créations : souvent représentée dans ses peintures, la ville a également inspiré nombre de ses films et a été le centre névralgique de sa vie artistique et sociale.
À Cassis, Jerome Hill a commencé à expérimenter avec les appareils cinématographiques et s'est vite passionné pour le cinéma, en plus de la peinture et de la composition. Il s'est d'abord adonné au documentaire avec Grandma Moses (1950), un court-métrage sur l'artiste folk américaine, et Albert Schweitzer (1957), pour lequel il a reçu un Academy Award pour le meilleur documentaire. Sa première fiction, The Sand Castle (1961), est une comédie-fantaisie réalisée avec peu de moyens, en noir et blanc. Inspiré des concepts de C.G. Jung, le film inclut une séquence onirique en couleurs réalisée en stop motion.
Film Portait (1972), son plus grand chef d'oeuvre, est un mémoire cinématographique à travers lequel il juxtapose des archives filmiques de son enfance à des scènes de sa vie d'adulte, souvent coloriées et animées à la main.

À Cassis, Jerome Hill a aussi conçu plusieurs festivals de spectacle vivant, voulant mettre de l'avant la diversité des milieux théâtraux et musicaux, ainsi que les artistes en marge de ces communautés, tels que le Living Theatre, originaire de New York, dont les représentations ont souvent provoqué consternation et adversité.
Au cours des dix dernières années de sa vie, Jerome Hill s'est consacré à ce qu'il allait laisser derrière lui. En 1964, il a monté un fond pour créer l'Avon Foundation, aujourd'hui connue sous le nom de Jerome Foundation, dont la mission phare est de soutenir la création, le développement et la production de nouvelles formes artistiques d'artistes émergents des villes de Minnesota et New York. En 1967, il a instauré la Fondation Camargo, et par la même occasion s'est assuré que son esprit créatif et curieux, son amour pour les arts et sa passion pour la culture française allaient lui survivre, et ce dans les murs de sa résidence cassidenne.