Sika Fakambi

Traductrice, France

Sika Fakambi écrit des traductions pour rester entre. Elle grandit entre Ouidah et Cotonou, entre les langues. Elle part beaucoup d’abord, tout en poursuivant des études de lettres et langues, et s’engage tôt dans le métier de traduire — traduire en levant les yeux. Elle apprend aussi le métier d’éditeur de livres, car pour elle traduction et édition participent l’une et l’autre du même désir de suivre les textes et les auteurs, de les porter, de les donner à lire. Au commencement elle part en quête de textes à traduire, s’intéresse particulièrement à des auteurs d’Australie et d’Afrique de l’Ouest, à des poètes américains et caribéens. Parmi ces auteurs : Gail Jones, Andrew Zawacki, Kamau Brathwaite, Laura Solomon, Nii Ayikwei Parkes. La Société des gens de lettres lui décerne en 2014 le Prix Baudelaire de la traduction, et elle obtient la même année le Prix Laure Bataillon de la meilleure œuvre traduite. En 2017, elle crée la collection « corp/us » et y publie entre autres titres la traduction du premier recueil de poèmes de Warsan Shire, et des textes de Kofi Awoonor et Maud Sulter.

En savoir plus : www.franceculture.fr et www.retors.net

I’m Black When I’m Singing, I’m Blue When I Ain’t | Traduire le théâtre de Sonia Sanchez

L’œuvre de Sonia Sanchez, protéiforme et d’un inépuisable engagement créatif et politique, oblige. Il s’agit de recréer, en français et aujourd’hui, les œuvres dramatiques de Sonia Sanchez — trouver leur(s) voix, leur(s) rythme(s), saisir le « geste » de leur(s) langue(s) : modulations de la voix didascalique et caractérisation des voix dialoguées, inflexions du parler et des registres, rythme et oralité, autant d’éléments constitutifs de la poétique/politique du texte vivant, et qui s’inscriront dans le corps en scène. Prêter l’oreille, donner voix, ce sont là, semble-t-il, deux des aspects essentiels de l’écriture théâtrale, celle du texte original comme celle du texte traduit, et cela peut être aussi le cœur du projet de traduire.