Pascal Poyet

Poète, France

Pascal Poyet est l’auteur de: Regardez je peux faire aller Wittgenstein exactement où je veux (TH.TY./MW), Un futur (L’Ours Blanc n°22, Héros-Limite), Draguer l’évidence et Linéature (Éric Pesty Éditeur), Un sens facétieux (CIPM). Il a traduit des textes de nombreux poètes et artistes de langue anglaise dont David Antin, Lisa Robertson, Juliana Spahr, Rosmarie Waldrop, Rachel Levitsky, David Shrigley… En 1998, il a créé avec l’artiste Françoise Goria les éditions contrat maint et dirige Le Journal des Laboratoires/Mosaïque des Lexiques, revue des Laboratoires d’Aubervilliers, lieu où, dans le cadre d’une bourse de résidence écrivain en Ile-de-France, il a parlé sa traduction en cours des Sonnets de Shakespeare.

Pascal Poyet, Les Laboratoires d'Aubervilliers © Ouidade Soussi Chiadmi

Traduire mais les Sonnets de Shakespeare

Au début, quand je parlais de « traduire, mais » les Sonnets de Shakespeare (Shakespeare’s Sonnets) c’était après traduire que j'en avais. Je cherchais en observant les Sonnets à y déceler un certain nombre d’« événements de langue » dans le but d’écrire des traductions qui diraient et montreraient ce qui arrive aux mots. S’il s’agissait de traduire, c’était traduire mais pas vraiment, ou pas seulement : c’était « traduire, mais ». Et c’est en parlant régulièrement de ce travail en public, en arpentant les Sonnets et en les décrivant, qu'il m'est apparu clairement que si, en matière de traduction, il y a un « mais », c’est entre l’acte de traduire et le texte à traduire que ce « mais » devait s’intercaler. Qu’il s’agissait bien de traduire, oui, mais les Sonnets de Shakespeare. J'allais passer à côté de cette évidence : on ne traduit jamais que des textes. Mais cette formulation n’est-elle pas elle-même à double entente ?

Pour cette intervention à la Fondation Camargo, j'arpenterai en paroles plusieurs sonnets de Shakespeare. Cette esquisse de lecture « en panorama » (au pied de l’hôtel du même nom) se fera fort probablement de façon très peu linéaire et mêlera descriptions, rapprochements, ébauches de traduction. Je nomme ce genre de tentative orale « exposition ». Toutes les acceptions de ce mot m’intéressent : mise en vue ou à la lumière ; présentation publique ou publicité soudaine donnée à quelques questions tout juste pressenties ; révélation par le discours ; présentation des circonstances ou des personnages d’une intrigue et partie initiale de certaines compositions musicales… Et on pourra ici inclure le sens géographique. Tout ce que je me représente comme : remonter l’échafaudage devant les
Sonnets de Shakespeare.

Pascal Poyet

  • Pascal Poyet présentera ce projet le 30 juin 2020, à 20h, dans l'amphithéâtre de la Fondation Camargo.

    Résidence et événement organisés en partenariat avec le Cipm.
    Le port du masque et la réservation sont obligatoires: reservation@cipmarseille.fr

Croquis de l'événement réalisés par Benoît Guillaume © Benoît Guillaume, 2020